Eh oui, les hommes simulent l’orgasme aussi


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Eh oui, les hommes simulent l’orgasme aussi

La première fois qu’un ami a parlé de ça devant moi, j’ai cru que j’avais mal entendu. Alors j’ai ri comme une goulue, en m’écriant que “mec, tu feras gaffe mais tu commences à être saoul: tu as dit que tu avais simulé!” Trop poilant ce type, vraiment. Il m’a bien fallu quelques minutes pour capter les sourires entendus que s’échangeaient les hommes assis autour de moi à cette table de bar. “Attendez les gars… Me dites pas que…? WHAT, LES MECS PEUVENT SIMULER L’ORGASME?” Car voyez, dans ma petite tête bien conditionnée, simuler = un truc de femme. Non pas qu’elles le fassent toutes, loin de là, mais juste, ça ne m’était jamais venu à l’esprit que, “si si, les hommes aussi”.

“Et hop, au lit!”

Pour être sûre qu’on ne se payait pas ma tête, j’ai posé la question aux garçons de mon entourage, proche et moins proche, et tous, à quelques exceptions près, m’ont expliqué que ça leur était arrivé au moins une fois. “Soit, j’étais déjà venu et je lui ai caché parce que c’était tôt et que du coup j’avais un peu honte”, m’a raconté Pierre*, qui m’a appris par la même occasion qu’une érection peut durer après l’orgasme et permet donc de gagner quelques précieuses minutes. “Soit, j’étais physiquement incapable de terminer. Parce que la meuf me plaisait pas vraiment, parce qu’en fait j’en avais pas vraiment envie, ou alors parce que le stress, l’alcool, tout ça.”

Même topo pour Paul*, pour qui “l’éjaculation fait sa flemmarde” après plusieurs rapports consécutifs. Mais aussi, quelques fois “lorsque ma partenaire avait une envie bien plus importante que moi de faire l’amour. J’étais pas trop motivé pour une réelle partie de jambes en l’air, mais assez pour lui donner du plaisir. Une fois qu’elle a pris son pied, j’ai lâché un petit ‘Aaarghhh…’, avec une tête bien particulière de mec qui lâche prise. Et hop, au lit!”

 

Eh oui, les hommes simulent l’orgasme aussi

“Si tu jouis pas, la dame va être vexée”

Comme les deux autres, Jacques* l’a fait pour ne pas avoir à “faire face a la gêne de dire: ‘Désolé, je veux arrêter.’”: “Comme t’es un garçon bien élevé, tu penses que si tu jouis pas, la dame** va être vexée, donc tu fais comme si.” Et puisqu’une femme ne sent pas forcément l’éjaculation de son partenaire, ni ne va à coup sûr inspecter le contenu du préservatif après le rapport, ça passe inaperçu. D’autant que “si elle finit par s’en rendre compte, ajoute Jacques, comme généralement elle est bien élevée aussi, elle ne dit rien non plus.”

Entre personnes bien élevées donc, l’orgasme masculin est le point final de l’acte sexuel. Bah, normal, dans nos esprits l’éjaculation répond à une mécanique si simple, en comparaison de celui de la femme qu’on nous présente depuis des années comme un truc aussi mystérieux et fantasmagorique que le monstre du Loch Ness. L’homme devient ainsi le maître du temps -un peu comme dans Fort Boyard-, ce qui peut être angoissant, comme le dit très bien Pierre, dont c’est “la plus grande peur avant l’acte”: “Est-ce que le timing sera bon?” En prime, cette logique rend complètement passive la personne en face, forcée de s’arrêter alors qu’elle avait peut-être envie de continuer toute la sainte journée.

Rien ne m’énerve plus qu’un comptable qui sort son carnet à la fin pour me demander combien j’ai joui sur une échelle de 1 à Nom de dieu. Et puis quoi, on a une “to do” avec des trucs à cocher aussi? Et pourtant, à bien y réfléchir… ça m’est déjà arrivé d’être vexée comme un pou à cause d’une éjaculation qui se fait désirer. D’avoir une impression d’échec injustifiée. De carrément m’en vouloir et d’en vouloir à l’autre en face et aux astres infoutus de s’aligner. Ces témoignages m’ont fait réaliser que j’ai été bien égoïste d’exiger de l’autre ce que je refusais qu’il attende de moi. Laissons donc les mecs débander! La liberté de prendre son pied, ça devrait être exactement comme la simulation en fait: un droit commun.


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